Le Ramak (Rabbi Moshe Cordovero, 1522-1570), le principal Kabbaliste de Safed avant l’Arizal, a écrit de nombreux ouvrages denses sur les sefirot. Mais le livre le plus lu de sa plume est un bref ouvrage éthique intitulé Tomer Devorah (le « Palmier de Devorah »). Son idée est simple à énoncer et difficile à pratiquer : l’homme a été créé à l’image de Hashem, et il doit donc imiter Ses voies.
Le fondement
Le livre repose sur un passage du prophète Michah (7:18-20), qui décrit la conduite de Hashem en treize expressions. Il commence ainsi : « Quel Dieu est comme Toi, qui pardonne l’iniquité et passe sur la transgression du reste de Son héritage ? » Le Ramak lit ces treize expressions comme les Shelosh Esrei Middot (les Treize Attributs de Miséricorde) tels qu’ils apparaissent chez le prophète, et construit le livre sur elles, en traitant les attributs comme les lignes d’un programme sur la manière dont l’homme doit se conduire.
Son point de départ est un verset de Michah : « Quel Dieu est comme Toi ? » Le Ramak dit que celui qui veut imiter Hashem doit d’abord savoir quelle est la conduite de Hashem, et le livre passe alors en revue les attributs un par un, chacun relié à une sefirah (attribut Divin) et appliqué à une situation concrète.
Ce que fait Hashem, et ce que nous devons faire
Le Ramak commence par une observation frappante sur la manière dont Hashem traite celui qui pèche. Une personne en colère contre quelqu’un, note-t-il, cesserait de l’aider. Hashem, non. Même lorsqu’un homme utilise sa force d’une manière qui irrite le Ciel, le Divin continue de le soutenir et de lui donner la vie. Le Ramak en conclut que l’on ne doit pas couper les ponts avec celui qui nous a fait du tort, et qu’il faut continuer à le traiter avec bonté tant que l’on peut.
Le même schéma parcourt tout le livre. Hashem est patient avec les méchants, l’homme doit donc être patient. Hashem cache les fautes d’Israël, l’homme ne doit donc pas publier les fautes des autres. Hashem récompense même les petits actes de bonté, l’homme doit donc remarquer les petites choses et en remercier autrui.

La pratique avant la théorie
Ce qui distingue le Tomer Devorah des autres œuvres de Kabbale, c’est son caractère pratique. Le Ramak ne demande pas au lecteur de méditer sur les sefirot. Il lui demande de se comporter d’une certaine manière à un certain moment. C’est l’idée kabbalistique de la hit’chakut (imitation) dans sa forme la plus simple : pour faire entrer les attributs Divins dans le monde, il faut agir avec eux.
Le Ramak soutient que les sefirot sont présentes dans l’homme comme dans les mondes supérieurs. Quand une personne agit avec miséricorde, la sefirah de la miséricorde est attirée vers le bas ; sa conduite est donc plus qu’un exemple.
Comment le lire
Le livre est court et peut se lire en un après-midi, mais il récompense une étude lente, une section à la fois. Une bonne approche consiste à choisir un attribut, le pratiquer pendant une semaine et observer ce qui change. Le Ramak ne prétend pas que l’œuvre soit facile. Les attributs eux-mêmes sont traités dans The 13 Attributes of Mercy (en anglais), et l’auteur dans Le Ramak : le systématisateur de la Kabbale.